Les philo-parlottes de la MJC
BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE-MJC Réunion des philo-parlottes du 21/01/2014
Vivre avec la différence, nos différences indispensables et insupportables à la fois. Différence qui participe à la fondation de notre identité et qui cependant la menace et c’est la peur de l’autre qui surgit. Débat animé et riche pour bibliophiles studieux qui ont parlé à bâtons rompus des différences qui nous construisent : générations, sexe, vie et mort, civilisation, culture etc. Avons nous droit à la différence ? Vous souvenez-vous des personnages typés de « Sans famille », « Poil de carotte », « Vipère au poing » ? Certains, pour exister, affichent avec provocation leur différence : Originalité d’une poétesse américaine dans « La vie secrète d’Emily Dickinson » de Jérôme CHARYN. Exaltation de la laideur, reprise du mythe de Quasimodo dans « Attentat » d’Amélie NOTHOMB. « Un homme sans ambition » de Maurice DENUZIERE cache bien son jeu. Tragédie en eau trouble avec « Plonger » de Christophe ONO-DIT-BIOT. Identité recherchée et révélée dans « L’admiroir » d’Annie DUPEREY et « Brokeback Mountain » d’Annie PROULX qui aborde le délicat sujet de l’homosexualité dans un univers où elle est interdite. Vous avez dit racisme ? « Black boy » de Richard WRIGHT, « La tache » de Philip ROTH, « Inconnu à cette adresse » de Kathrine KRESSMANN TAYLOR. La maladie, la mort, le handicap, la vieillesse introduisent à la différence, plus ou moins bien assumée, changeant le regard de l’autre : « La tête à Toto » de Sandra KOLLENDER, « Patient » de GRAND CORPS MALADE, « Le cas Eduardo Einstein » de Laurent SEKSIK, « Un petit quelque chose de différent » d’Eléonore FAUCHER (pour enfants à partir de 10 ans), « Profane » de Jeanne BENAMEUR qui revendique son identité assumée dans son parcours de vie. L’exclusion sociale, ça existe encore : « Scènes de la grande pauvreté » de Sylvie PEJU, épopée de familles miséreuses. Que de tristesse, besoin d’un peu d’humour, vite un conte qui nous redonne espoir dans l’humain, agréable surprise avec le KAMISHIBAÏ : une petite boîte tente de se faire adopter, hélas toutes les maisons sont bien nanties jusqu’au jour où elle rencontre un vagabond tout heureux de cette trouvaille.
Gustave FLAUBERT s’indignait déjà de la condition faite aux bohémiens. Concluons avec la célèbre phrase d’Antoine de SAINT EXUPERY :
« Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente »